Données de base

La question est souvent posée – et elle s’impose à vrai dire d’elle-même – “Avec qui vais-je avoir le plus de facilité/le plus de difficulté à communiquer ?”. Il n’y a pas de réponse dans l’absolu ; au demeurant, la différence est ce que l’on en fait, complémentarité ou opposition. Mais dans ce cadre, la typologie va nous aider à préciser ce sur quoi exactement va porter la différence.

Il y a de multiples manières de procéder. En voici une, portant sur les fonctions de perception. Pour celles ou ceux qui ne seraient pas familiers avec les fonctions psychiques décrites par Jung, un bref rappel. Jung distingue les fonctions de perception, ou de recueil d’information et les fonctions de jugement, ou critères d’évaluation. Les fonctions de perception sont au nombre de quatre :

• la Sensation extravertie (Se) : Propension à s’immerger dans le présent et à ressentir l’environnement par tous les sens. Apprend par expérimentation, trouve des solutions pratiques, exerce l’autorité par l’exemple

• la Sensation introvertie (Si) : Propension à répertorier les expériences et à les comparer à ce qui a déjà été vécu. Suit des méthodes éprouvées, part de l’existant pour l’améliorer ; autorité hiérarchique

• l’Intuition extravertie (Ne) : Propension à faire jaillir un flux continu d’idées nouvelles se manifestant dans toute situation. Apprend par l’échange, voit les problèmes autrement, dirige par la vigueur des idées nouvelles

• l’Intuition introvertie (Ni) : Propension à percevoir les liens sous-jacents entre les éléments et à les synthétiser dans une vision à long terme. Apprend par la lecture, stratège, guide par la clarté de la vision à long terme.

Un deuxième rappel : les 8 fonctions se présentent dans la psyché selon un ordre propre à chacun des 16 types. De façon plus exacte d’ailleurs, c’est cet ordre des fonctions qui va caractériser le type. La première fonction est appelée “dominante”. Dans le cas de l’INTJ que je vais prendre ici, il s’agit de l’Intuition introvertie. La deuxième fonction est dite “auxiliaire” ; ici la Pensée extravertie. Ces deux fonctions sont dites préférées dans la mesure où on a une tendance spontanée à les utiliser par priorité. Les suivantes sont des fonctions de “l’ombre”. Leur accès est de plus en plus difficile. La troisième est la “tertiaire”, ici le Sentiment introverti ; la quatrième est dite “inférieure”, ici la Sensation extravertie. Dans la pratique on s’arrête souvent là. Mais nous allons continuer. Les 4 fonctions suivantes sont dans le même ordre que les quatre précédentes mais dans l’orientation (extravertie ou introvertie) opposée. On aura donc la 5ème fonction, Ne ; la 6ème Ti ; la 7ème Fe ; la 8ème Si. C’est bon, vous suivez ? Nous avons maintenant les “outils” pour mieux comprendre l’origine et les conséquences de nos différences de personnalité.

De 1 à 4 : la distance entre dominante (Ni) et inférieure (Se)

Pour l’INTJ, la fonction dominante est donc l’Intution introvertie. Elle se caractérise par une vision ordonnée du futur avec la volonté de transformer le monde en fonction de son projet. L’INTJ a tendance à vivre dans le monde à venir, à avoir souvent un temps d’avance. C’est un avantage pour anticiper les événements ; c’est un inconvénient pour savourer le temps présent.

À cet égard, l’exact opposé est la Sensation extravertie, la propension à être ici et maintenant, à “cueillir dès aujourd’hui les roses de la vie”. Les personnes qui ont cette fonction en dominante peuvent être perçues par l’Intuition introvertie soit comme un modèle à imiter pour ralentir leurs pensées, soit comme de plus ou moins aimables plaisantins qu’on ne peut prendre au sérieux.

De 1 à 5 : la distance entre dominante introvertie (Ni) et la même fonction en extraversion (Ne)

La 5ème fonction est donc l’Intuition extravertie. Par rapport à notre INTJ, elle serait la fonction dominante d’un ENTP. L’Intuition extravertie est la propension à associer à grande vitesse différentes idées, à se plaire à évoquer des possibilités sans se sentir obligée de les réaliser.

Rien de plus agaçant pour l’INTJ qui n’exprime une possibilité que lorsqu’il en est au stade de la réalisation. Le flux d’idées qui caractérise l’ENTP le submerge car il se sent dans l’obligation de faire ce qui est évoqué. Sinon, pourquoi en parler ?

En fait, incoporer dans son fonctionnement un peu d’Intuition extravertie rendrait l’INTJ un peu plus “sociable” – il serait plus à même de partager ses idées avant de donner l’impression aux autres de les mettre devant le fait accompli.

De 1 à 8 : la distance entre dominante (Ni) et la fonction opposée en introversion (Si)

En termes de type, nous avons ici l’écart entre INTJ et ISTJ. Une lettre d’écart, mon Dieu, la différence ne doit pas être bien grande ! Mais si, car la Sensation introvertie est la fonction la plus éloignée de l’Intuition introvertie. Alors que celle-ci est tournée vers la vision globale de ce qui sera, celle-là se concentre sur le détail de ce qu’il faut faire. La première a une vision stratosphérique, la deuxième a les pieds par terre.

Nos deux types ont certes bien des choses en commun : leur goût de la méthode, leur rigueur, leur tendance à “réfléchir dans leurs têtes” avant de communiquer. Mais ils exercent ces caractéristiques dans deux mondes différents, l’un celui de la prospective, l’autre celui des archives.

Et lorsque notre Intuitif introverti doit se plonger pour une longue période dans le monde de la Sensation introvertie, le burn out se rapproche à grands pas.

Ami lecteur versé dans la typologie, à vous de jouer maintenant et de faire ce même exercice à partir de votre propre fonction dominante. Et si vous avez le courage de nous en envoyer le résultat, nous nous ferons un plaisir de le publier.