Qu’est-ce que Christophe Dejours, l’auteur de nombreux ouvrages sur la souffrance au travail et le RNCP, répertoire national des certifications professionnelles, ont en commun ? Apparemment, rien. Dans mon cas, beaucoup.

Comme un certain nombre d’entre nous, je suis en train de préparer ce fameux dossier RNCP qui permet aux participants de bénéficier du CPF. C’est long, compliqué et pour le formateur/coach que je suis, ce qui m’est demandé n’a à peu près rien à voir avec ce que je fais. Et le consultant qui m’assiste dans ce calvaire n’arrête pas de me dire : “Ne me parlez pas de votre formation, ça n’intéresse personne. Parlez-moi de l’employabilité”.

Or ce matin, j’entends l’interview de Christophe Dejours sur France Inter. Il explique un phénomène identifié depuis longtemps mais dont je ne voyais pas l’application à mon cas. “Jusqu’au début des années 80” dit Dejours “le pouvoir dans l’entreprise appartenait aux ingénieurs. On pouvait les critiques, mais ils connaissaient le métier, ils savaient de quoi ils parlaient. Depuis, le pouvoir est passé aux financiers et aux gestionnaires. Le travail est devenu une abstraction, le métier n’est plus défini par son contenu. Il s’agit d’un travail “mort”, sans émotion, sans implication, sans affect – par opposition au travail vivant”.

Eh bien voilà ! Les gestionnaires de la formation traitent d’une activité morte, sans contenu. Ils ne parlent que de flux et de retour sur investissement. Ils ne me parlent aucunement de mon métier, de ce que j’y fais, de pourquoi je l’aime, de ce qu’y trouvent mes clients.
Souffrance au travail …